Réseau de solidarité
entre retraités, chômeurs
et professionnels

Le Trialogue se présente

Le Trialogue est un réseau de solidarité animé par une trentaine de spécialistes bénévoles, en accompagnement social, en droit, en assurances sociales, en ressources humaines, en informatique … Reconnu à but non lucratif, le Trialogue dispose depuis 1997 d’une jolie maison prêtée par la Ville de Genève et bénéficie d’une subvention annuelle qui lui permet d’offrir chaque année plus de treize mille prestations aux personnes défavorisées, à la recherche d’un emploi, en fin de droits ou marginalisées par la société.
Extrait de notre dépliant

Le monde du chômage et l’exclusion qui en découle font peur. Nous n’y pensons pas trop et parfois même nous nous défendons d’y penser en passant à l’offensive, critiquant pêle-mêle la passivité et les abus des chômeurs ou des assistés. Nous nous mettons ainsi à l’abri et nous nous donnons bonne conscience.

En évitant de connaître un monde qui effraie, nous entretenons l’exclusion qui, si elle nous interpelle, pourrait bientôt ne plus nous révolter.

Le Trialogue est un réseau de chômeurs, de professionnels et de retraités, tous bénévoles, qui s’est donné comme principal objectif d’apporter un soutien concret, dans l’urgence ou dans l’attente d’une aide institutionnelle, à des personnes se trouvant brusquement dans une situation de détresse matérielle ou morale, le plus souvent à cause de la perte d’un emploi.

Marginalisées et fragilisées, les personnes privées de leur emploi vivent trop souvent l’isolement, la honte et le repli sur soi. Le Trialogue se propose de leur venir en aide, ponctuellement et avant qu’elles ne s’excluent elles-mêmes.

De leur côté, les retraités, riches d’expérience et de compétences dans leur domaine, se sentent parfois aussi mis à l’écart du monde actif. Non sollicités, ils révèlent souvent l’étonnant paradoxe d’une richesse inexploitée et d’un enfermement sur une inutilité sociale.

La Ville de Genève a mis à disposition du Trialogue une maison dans le quartier de Vieusseux. Chacun peut y trouver gratuitement une écoute, des informations juridiques et pratiques relatives à ses droits et obligations, une analyse de son dossier et une aide à la rédaction d’un éventuel recours ou de son dossier de candidature. Des ordinateurs sont gracieusement mis à disposition des chômeurs.

Le TRIALOGUE c’est des informations, des ordinateurs, des adresses, des écritures et des recours, mais c’est aussi du temps pour l’écoute, des sourires, des émotions partagées, un lieu où l’échec n’est pas jugé la faiblesse d’aujourd’hui est récupérée pour devenir le matériau de construction pour demain.

Le TRIALOGUE c’est surtout une maison où poser provisoirement son sac, un toit pour les intempéries sociales qui deviennent parfois des intempéries domestiques qu’occasionne la spirale trop connue du chômage.

Le TRIALOGUE c’est aussi vous tous qui nous offrez votre collaboration et votre soutien moral ou financier.


Le Trialogue dans le paysage social genevois

Le chômage se gère différemment d’un individu à l’autre. Certains se remettent relativement bien d’une suppression temporaire d’emploi et démarrent sans problème majeur dans une nouvelle activité professionnelle, d’autres en revanche, plus fragiles, sont complètement détruits par la nouvelle vie sans emploi qu’ils ont à affronter. L’accueil convivial, de type familial, au sein d’une petite structure est primordial. Il redonne confiance. Autour de la table, à midi pour le repas, on se sent moins seul et des liens se nouent.

Le Trialogue n’est pas une association de défense des chômeurs mais un réseau de solidarité animé par des spécialistes bénévoles, en accompagnement social, en droit, en assurances sociales, en ressources humaines, en informatique etc.

La structure d’aide unique du Trialogue est largement reconnue et a fait ses preuves. Le Trialogue offre, le plus souvent à la demande des autorités du chômage et de l’Hospice Général, une aide ciblée et individualisée. Cette aide ne pourrait pas être apportée par les instances étatiques (prise en charge globale dans l’urgence et dans un même lieu par des spécialistes de divers horizons – discrétion – convivialité). Nos bénévoles spécialisés sont issus de divers milieux économiques. Leur regard est sans complaisance et dynamique, de quoi redonner quelques motivations aux plus découragés.

Les personnes qui viennent à l’association connaissent mal la loi et par conséquent leurs droits. Elles sont incapables de faire un recours ou de payer un avocat. Il n’est pas possible pour l’Etat d’aider les chômeurs à recourir contre les décisions rendues par les divers services. Le Trialogue intervient en la matière avec l’objectivité nécessaire. Il s’est constitué une solide bibliothèque juridique informatisée en matière d’assurance-chômage afin de rester constamment au courant de la jurisprudence.

Le Trialogue offre à de jeunes stagiaires juristes une première expérience professionnelle sous la supervision d’une avocate bénévole. Leur stage représente un véritable tremplin vers un premier emploi. La quasi-totalité de ces jeunes trouve un emploi en cours ou à l’issue de leur stage.

Nos permanences juridiques et d’informations, ouvertes et gratuites, permettent d’offrir nos conseils à beaucoup de personnes non informées, désemparées devant les exigences des assurances sociales. Il s’agit d’assurance-chômage bien sûr, mais également d’aide sociale, de prestations complémentaires, d’AI, d’AVS, du droit du travail, de la perte de gain, tout étant fréquemment lié.

Le Trialogue apporte des outils, de l’aide et une grande disponibilité.

Au fil des ans et des crises économiques successives, de plus en plus de personnes particulièrement démunies sont confrontées à des situations désespérées qui pourraient trouver une solution à la seule condition d’avancer une somme, souvent même modeste, pour faire face à un « coup du sort », régler un problème d’impôt ou avancer un loyer par exemple afin qu’elles ne se retrouvent pas en grande précarité, en “marge” de la société. Le Trialogue a créé un Fonds de Micro-crédit qui peut intervenir dans l’urgence, sans délais, dans l’attente de l’aide des fondations qu’il sollicite.

Les personnes étrangères qui ont été aidées au Trialogue pendant un certain temps mettent ensuite leurs connaissances à disposition de leur entourage. Elles ont très souvent elles-mêmes participé à l’intégration de leurs compatriotes ! Le caractère non institutionnalisé et convivial de l’aide dispensée au Trialogue favorise les contacts, la confiance et l’envie d’apprendre et d’aider à son tour.

Le Trialogue tend à réduire le “tourisme social “ qui épuise le chômeur tout comme les intervenants sociaux en effectuant un sérieux travail de réseau et de médiation. Il collabore régulièrement avec les instances du chômage, l’Hospice Général et de manière soutenue avec l’Hôpital cantonal, Belle-Idée, les Centres de thérapies brèves, l’AI et les institutions spécialisées.

Le Trialogue contribue à faire connaître l’assurance-chômage et offre gratuitement sur Internet la consultation d’un guide mis à jour on-line (www.guidechomage.ch). Ce guide est connu et recommandé dans les publications de l’Université. Il fait office de référence. Il nécessite un intense travail de recherche afin de rester constamment à jour et d’inclure les changements législatifs et jurisprudentiels. Il est régulièrement consulté (plus de 30000 visites par mois).

Enfin, Le Trialogue en tant qu’observatoire privilégié dans le domaine du chômage permet, lors d’auditions parlementaires, non seulement d’apporter un avis éclairé mais aussi des réponses aux questions concrètes que se posent les décideurs.

Genève possède un véritable trésor : une constellation d’associations qui permet à chacun de trouver un lieu où se construire, un lieu où exister aux yeux de concitoyens qui comptent sur eux. Si ce réseau d’entraide devait se disloquer faute de moyens, la Genève humanitaire et internationale toute entière en souffrirait, son image aussi. Gardons et entretenons ce trésor qui est aussi le ciment social auquel recourt la classe politique !

Janvier 2021,
Doris Gorgé, présidente


Le Trialogue a déjà son Histoire
1997 Deux porteurs d’utopies se croisent : une Ecrivaine Publique et un Médecin. Chacun avait conçu un projet dont la réalisation s’était avérée périlleuse. Ils unissent leurs forces et leurs rêves.
1998 Dans la salle d’un Café carougeois, sur le coin d’une table, les premières rencontres avec les chômeurs désireux d’aider et les personnes fragilisées commencent. Un appel est lancé à la radio : « Venez nous aider, vous les retraités et les professionnels ! ». Un compte bancaire est ouvert, 20 francs y sont déposés.

Le Trialogue est né !

1999 L’association s’installe dans le quartier de St.Jean : une ancienne villa dans un charmant petit pré, à la façade décorée de fantômes bienveillants, est prêtée par la Ville de Genève. L’installation demande beaucoup d’imagination, de talents et d’énergie. Petit à petit, les services proposés se multiplient… on serait presque à l’étroit !
2000 Médecins, avocats, coiffeurs et traducteurs offrent leur aide. Des réseaux de solidarité sont créés ! Un secrétariat tenu, par tranches de deux heures, par des dames bénévoles, c’est pas triste !
2001 Un député bienveillant dépose un projet de loi au Grand Conseil qui permet au Trialogue d’engager une secrétaire ! Le trialogue prendrait-il racine ?
2002 Le Trialogue s’adapte aux besoins du moment : il se crée un fonds de solidarité, un fonds de micro-crédit et une panoplie de permanences. On se croise à peine dans l’escalier en colimaçon !
2003 EXPO 02, le Trialogue prend sa place dans ce grand moment de convivialité et de création.
2004 Le Trialogue migre de Saint-Jean à la Servette alors que les intempéries sociales déferlent !
2008 Dix ans déjà… le coup de coeur continue !
Le Trialogue s’installe dans sa deuxième décennie
2009 En 10 ans, les écarts se sont creusés, le chômage s’est banalisé, la pauvreté s’est mise à gagner le monde du chômage. Le Trialogue est amené à compléter son offre de prestations.
2010 Le Trialogue est invité par l’Assemblée constituante à une audition publique. Le Revenu Minimum (RMCAS) disparaît et une loi sur les ” working poors ” est votée.
2011 Le Trialogue est auditionné par la Commission de l’économie dans le cadre de la révision de la loi cantonale sur l’assurance-chômage. De fil en aiguille, les chômeurs en fin d’indemnisation ont perdu beaucoup de droits et surtout le soutien nécessaire pour chercher et retrouver du travail.
2012 Le Trialogue a l’occasion, dans le cadre d’une étude européenne sur les politiques sociales locales menée par le Département de Sociologie de l’université de Genève, d’interpeler le monde universitaire et politique sur les conséquences sociales de la politique genevoise en matière d’emploi.
2013 Le Trialogue participe à la Fête des 40 ans du Centre genevois du volontariat (CGV) et à une journée de réflexion sur les prestations sociales et le revenu de base inconditionnel.
2014 Le Trialogue se rend au Symposium « Travail et Souffrance psychique » organisé par l’OCIRT. Le Trialogue obtient le droit à un “avis de passage” pour les bénéficiaires de l’assistance publique et de l’assurance-chômage. Ce document si important permet, en cas de refoulement à la réception de pouvoir retrouver ses droits.
2015 Le Trialogue plaide auprès des instances politiques et obtient une augmentation de sa subvention. Elle lui permet d’engager une juriste.
2016 Le Trialogue est confronté à la fracture numérique qui frappe de plein fouet les demandeurs d’emploi. Il dénonce le fait que les passages et transitions en matière de prise en charge ne font pas l’objet d’assez d’attention et laissent trop d’assurés sur le carreau.
C’est parti pour la 3ème décennie !
2017 Le Trialogue poursuit sa route après avoir fêté ses 20 ans et change de présidence. « Si tout a changé dans le monde, rien n’a changé pour l’exclu ! » Le Trialogue participe aux 30 ans de la Journée mondiale du refus de la misère.
2018 Le Trialogue est auditionné par la commission sociale du Grand Conseil sur les projets de loi relatifs à l’allocation cantonale complémentaire et la rente pont.
2019 Le Trialogue doit déménager. La villa de l’avenue de la Forêt doit laisser place à une barre d’immeubles. Les membres du Conseil Municipal votent à une écrasante majorité une motion : « Pas d’expulsion du Trialogue sans relogement effectif ». Cette large mobilisation permet au Trialogue de déménager dans une jolie et confortable villa du quartier de Vieusseux. Suite à la tentative de transmission de la gouvernance de l’association qui n’a pas abouti, la fondatrice du Trialogue est amenée à reprendre la présidence. Le Trialogue est audité par une maison externe. L’audition se révèle très positive.
2020 Le Trialogue est confronté aux affres de la pandémie et doit fermer par trois fois la maison en raison des semi-confinements successifs. Les demandes d’aide juridique, sociale et financière explosent.

 
Le 27 avril 2012 Interview: JobticMag : « Le taux de chômage n’est plus une donnée fiable »
http://www.jobtic.ch/Jobtic/detart.php?art=660&Lan=1
Le 14 mai 2012 Emission: Radio sans Chaîne : interview de Mme Doris Gorgé et Mme Véronique Emery;
Le 25 mai 2016 Emission:« On en parle » de la RTS – « Bienvenue au chômage » – participation du Trialogue